La paix ne règne pas toujours dans les cimetières

Le respect dû aux morts n’exclut pas les conflits dans les cimetières, obligeant parfois la justice à mettre un pied dans les tombes. Exemples en Normandie.

Les annales judiciaires débordent de litiges où les vivants s’écharpent autour des morts. In-fine, la commune gestionnaire du site est toujours impliquée.

Petite plongée dans ces querelles familiales, où douleur et intérêt bien compris se mêlent.

Ayant-droit ou pas

Beuvillers (Calvados) est inhumé un couple qui a acheté une concession. En 2008, l’une des deux filles des défunts y fait déposer les cendres de son mari mort d’une longue maladie. Un « squat » qui n’est pas du goût du frère qui porte plainte pour violation de sépulture. Le tribunal de Lisieux ordonne le retrait de l’urne et du nom. Mise en cause de la commune pour défaut de gestion !

Les reliques de l’aïeule

Sai, village de 210 habitants dans l’Orne, autorise en 2006 un veuf à retirer les reliques de son arrière grand-mère pour y faire inhumer sa propre épouse. La concession remonte à 1925. Mais une arrière-petite-fille ne l’entend pas de cette oreille. Elle saisit la justice. Le tribunal administratif de Caen, estime que « la mairie ne s’est pas assurée de l’accord préalable des autres membres de la famille »

Dernières volontés

A Lisieux, meurt une femme de 92 ans : après une messe, sa fille unique fait inhumer sa mère près de son mari dans un cimetière du pays d’Auge. Un an plus tard, l’entreprise de pompes funèbres, qui a procédé aux obsèques, est assignée au tribunal de Lisieux par l’association Colombe. Basée à Rennes et assurant rassembler 175 000 adhérents, l’association déclare veiller au respect des dernières volontés exprimées dans les documents qu’elle réceptionne. L’association assure que la défunte avait souscrit auprès d’elle un contrat obsèques prévoyant cérémonie civile et crémation. Le tribunal de Lisieux ordonne l’exhumation puis l’incinération de la défunte aux frais de qui ???